20/07/2004

CONTES CIVIQUES ET NOUVELLES DU TERROIR : LA SŒUR DE SIDI ARNAUD

CONTES CIVIQUES ET NOUVELLES DU TERROIR 

                                                                                     PAR LE DR IDRISSI M. AHMED

LA SŒUR DE SIDI ARNAUD

 

 

Dans le train, sur le chemin de Fès, je lis un article cynique sur la corruption. Mon esprit tentait d'oublier le deuil de ma cousine Sabah qui vient de mourir, très jeune ! Fès, c'est aussi notre ancienne maison, qui n'est pas tombée en ruine, malgré le " meurtre juridique " du père ! Je dédie à leurs âmes ces mots et quand aux fossiles inciviques ces rêves de pierres ! Ma demi-sœur a succombé des suites d'un cancer ovarien ravageur qui s'est généralisé ! Son frère andaloux d'origine, est venu de Doha pour l'inhumer ! Francisé par une femme possessive et bretonne, il n'était pas venu voir ses frères depuis des années. Et dire qu'il a dû changer de nom pour plaire à sa belle famille, et complaire, peut-être aussi à ses clients du Golfe !? Un nom aux consonances non-arabe, les tranquilise de façon souveraine. En confiant leurs affaires aux étrangers, ils s'inquiètent moins de la qualité et encore moins du sérieux des services. C'est heureux qu'on ne lui ait pas changé de nom, le cousin, comme à Jilali, qui devint Brahim, tout en gardant un nom odieux, sujet de dérision et de railleries scatologiques! Mais là, pour moi, le cousin est devenu Arnaud !! Je me vois obtenir un visa, les yeux fermés, pour assister au baptême de Sidi Arnaud ! ! C'est mon demi-frère, pardi ! Il n'a qu'à dire un mot à Si-Rac*, pour qu'on m'évite les affres patéreuses des queues consulaires et des hontes bues devant les exactions des frères. Obligés qu'ils sont d'aller pomper l'air lépéniste, là bas, pour gagner mieux que mes confrères des CHU ! D'autant qu'il y a la gronde parmi ceux-là, et des menaces de grève généralisées, depuis que la mutuelle rechigne à payer ses arriérés, espérant qu'en louvoyant, elle n'obtienne des cliniques que celles-ci, pour continuer dans la convention du tiers payant, ( qui ne paie pas ! ) qu'elles lui fassent la fleur d'effacer son ardoise. Comme le FMI le fit, dit-on, pour le Mexique ! Pourquoi pas à nous ? Malgré nos tentatives de coller à l'Europe, dont une partie loge chez nous, à Ceuta-Melilia, on reste trop Arabe à leurs yeux ! Et pas catho pour un sou ! Qu'on nous prête à fond perdu ! Remise à Zéro pour tout le monde et on repart sur d'autres rails...de crédits. Mais la commisération des financiers n'est pas un article de l'OMC ! Demandez à Si Hassan Abou Ayoub ! T'as pas à te faire...T'es habitué aux peaux de bananes...On te trouvera bien un job honorable ici ! Ma tante et mère, est plus pâle que jamais ! Ce n'est pas la mutuelle qui est en cause ni le FMI, du moins pas directement ! Des larmes, non contenues malgré mes mots, lui coulent dans les rides qui parsèment son visage ! Elle est devenue comme une Chkifa* ! Blanche et bonne, elle était la plus belle de mes tantes. Non pas que la beauté ne réside que chez les blanches, mais il est des brunes...Tante Khadija, demeure la meilleure ! Elle raconte qu'elle vient de passer d'affreux moments avec sa fille en train de gémir et souffrir dans une chambre et sa vielle soeur, quasi aveugle, geignant et maugréant dans l'autre. Dans la foule de cette réception funéraire, voilà qu'une dame vient lui présenter ses condoléances en lui disant ceci : " Que votre deuil vous procure le pardon divin pour vos mauvaises actions " ! Traduisez par : moughfirate addounoub* ! Mais, pensais-je, ma pauvre tante, n'a jamais commis de mal envers personne ! Elle n'a rien à se faire pardonner ! Elle m'avait donné le sein. Avec un respect empreint d'estime et presque plaisamment, vu qu'elle était jeune, je l'appelais, maman, en lui baisant les mains ! Pour moi, c'est une des rares exceptions où l'on peut se targuer d'avoir deux mères ! Alors que pour la paternité, vous pourriez, alléatoirement hésiter. Certains ayant plusieurs pères ! Si l'un d'eux est le géniteur, s'il donne un nom, avec ou sans affection, c'est rare que les autres s'affichent ou se dénoncent ! Oulad Z'na* !

LES ARBRES BOUILLONNENT Les arbres en effervescence bouillonnent en giclant du sol. Là, une villa en ruine, noyée au milieu de haies devenues buissons sauvages. Non loin serpente la célèbre rivière des grenades, si chère au très courtement ministre des affaires étrangères, mais néanmoins très adorable chroniqueur mehdaoui. Avec grace, un vol de pique-boeufs flotte au-dessous du niveau de la terre ! Notre train emprunte un chemin qui nous élève. Le train roule en claquant son jeu de castagnettes sous nos fesses. Ayant quitté notre mer des sargasses, peuplée de plastics noirs et nauséeux, comme s'il n'y avait pas assez de vent pour les jeter à la mer, après usage, ni assez de bras en chomage, dans les provinces, pour que celles-ci organisent dans notre pays des semaines de propreté ! C'est pour quand notre réveil, messieurs les cadres organisateurs ? Vous n'allez pas attendre que Afak, en pâpillon, remplace les régies, ou que les fonctionnaires des régies se mettent à collecter le plactic, comme on épingle des mégots du sol par temps de guerre ! Il leur suffit de faire dans cette gabelle qu'est devenue la note électrisée des régies ! C'est pour quand notre réveil, messieurs les cadres organisateurs ? Des fois où l'alternance, tout en alternant les gouvernants, alternerait la propreté du milieu et stimulerait l'administration à se surpasser, pour faire honneur aux jeunes recrues de parmi les maroquins. Avant de changer les pratiques coquines et redoutables, on opterait sans grande lessive, à faire de la propreté ! Je parle de l'hygiène et de la rééducation sanitaire ! " Ouf, je ne veux pas rentrer dans les détails ! " Comme dirait notre Ministre ! Mais, Excellence, il faut rentrer dans les détails, quitte à leur rentrer dedans ! On n'a que le temps d'une alternance, pour bien faire les choses ! Comme ces Soltanes ettolba* qui fleurissaient, une fois l'an, à la Karaouiyine ! L'appel à l'Indépendance est bien sorti de là...Abdelkrim, Sidi Allal…Entre autres ! Rêves d'un jour, que les monarques de l'époque concédaient aux jeunes étudiants ! Sultan d'un jour, vous avez bien des vœux à réaliser. Ceux des générations de praticiens légués aux oubliettes. La pharmacie, le médicament, la dentisterie, la médecine générale et ses multiples prébendiers et incommensurables prédatreurs ! Hygiène du milieu et spécifications : dites-nous, par qui commencent les soins ? Faites-nous une fatwa qui fasse consigne, circulaire ou télégramme ! Le choix et le diplôme santifient chacun dans son rôle primordial et dans sa juste fonction. Inaliénable, incontournable, que les autres se doivent de respecter ! Est-ce beaucoup que de respecter les patients et leur conférer la dignité qu'il est de ne pas succomber aux appels des sirènes et autres pythies qu'ils consultent pour leur santé ? Question, aussi de ne pas snober les rites religieux, ceux de la propreté de l'homme et des ablutions, en optant pour de grandes et coûteuses manœuvres écologiques ! Vous n'allez pas attendre que les Verts, imbus de fondamentalisme, qu'ils prennent le pouvoir avec effraction, pour laver nos mœurs et rendre nos rues plus propres et plus sereines ! Et nos hôpitaux plus hospitaliers ! Cédons à ce que nous avons de mieux dans la religion à l'échelle de l'individu et de la commune ! Enseignons la salubrité du corps, de la rue et du milieu dans nos écoles ! Un pacte entre les ministres de la santé et de L'éducation. Avant de craquer pour d'oniriques et coûteuses singeries sur-industrialisées ! Hyper-inox et verroteries !

DES TOMBES ET DES EFFLUVES

Des odeurs flottent sous mon nez Des effluves suaves de fleurs d'oranger montent, dépassent les lignes noircissantes du journal que je quitte des yeux, sans regret, pour regarder par la fenêtre glauque du compartiment. Ce parfum ne provient pas du bonhomme d'à côté, qui a quitté ses souliers pour étendre ses pieds sur le fauteuil ! Ni de la dame d'en face ! La dame sent peut-être les pensées, l'œillet ou la violette, car elle a du goût. Elle est habillée en violet, de la tête aux pieds. Sans abus, il n'y a que sa chemise au ton bleu roi, avec son ruban aux coutures, hélas, mal finies. Ses cheveux de geai, lissés en casque, ont serrés par un nœud qui les tire les mèches vers l'arrière. Elle n'est pas très brune, elle a le teint national ! Posée, certes, sans ostentations ni ostensible réserve, elle est silencieuse, à s'excuser devant ce tas d'hommes qui lisent en face, alors qu'elle ne lit pas. Elle semble polie, classique, elle culmine sur ses 35 ans, mais ne dit rien. Les hommes lisent et ne papottent pas non plus ! Pendant deux heures, personne ne lui fait la cour ! C'est rare ! Ça a de quoi faire jaser Zorba ! Ses sourcils épais de l'intérieur, dépasent la barrière de ses lunettes ! Elle doit s'ennnuyer, car elle ne porte pas d'alliance, malgré ses nombreux bracelets ! On perçoit à peine le bas de ses yeux, quant elle commence à s'assoupir ! Un doigt sur la joue, l'autre, le majeur, lui sert de soutien ! Une piste d'atterrissage, pour sa lèvre inférieure ! Elle porte un grain de beauté sur la lèvre du dessus. De grandes lèvres, très terroir, majestueuses, qui n'ont pas bougé ! Descendante de rois, noble dans son apparence, l'ismaélienne, devinant mon geste de poser le gobelet de plastic dans le pânier mural, soulève avec grace, le couvercle pour m'aider. " Hachak a Lalla ", fis-je, presque inaudiblement, tant qu'elle incarnait une princesse qui voyage ! Mais il est des rustres qui gachent non pas les trains, comme ces nuées de sacs en plastic, qui jonchent les gares, les rails et l'esprit. Tant qu'on ferait grand bien pour ceux-là, de leur clouer les chaussures aux pieds, de peur qu'ils se déchaussent devant les dames ! A douk el mouskhène *

DES PARADIS ET DES PIERRES

Les vallées et les monticules sautillent comme des vagues de verdeur et ondulent sous les yeux qui s'ecarquillent ! Une mer exotique s'agite, chatoyante de fraicheur. Neuve, elle palpite de plaisir et de promesses paradisiaques. Des poulets par-ci, des moutons par-là ! Pas d'humains par-là, pour faire dans la métaphore ! Tandis que des vaches, baignant dans le bonheur de leurs robes hollandaises, loin des plasirs de chair carnivores, éloignées des repas toxiques et des virus de la folie; s'adonnent avec tendresse à brouter le calme onirique de cette nature voluptueuse. Des orangers en fleurs, gardant encore de leurs fruits comme pour déclarer leur identité aux passagers rapides de cette terre, exhalent vers le train qui nous emporte, le roulis onctueux de leurs parfums musqués. Le train roule, des arbres en effervescence bourgeonnent. Des peupliers fusent du sol. Un bosquet découvre un palmier solitaire. Des tombeaux passés à la chaux attendent qu'on les découvre pour emplir ce paradis. Le tien, Père. Des tombes dévallent d'une colline. D'autres plus anciennes, déballent leurs cailloux. Est-ce Volubilis, volée, vandalisée et violée qui nous lance des pierres ? Telles des " hijarate mine sijjil "*, des pierres inconnues, des poltergheïs*, giclent sur nos vitres et fracassent notre conscience. Le train roule…Incapables de nous occuper des vivants, nos morts nous lapident et nous jettent, les premiers, la pierre ! Jets de pierres sacrés! Frappé par ces vieillards, inconscients ou malvoyants, sensible à leur port sans slips , choqué parce qu'ils sont nombreux à s'aérer dans ces postures qui laissent leurs kamiss découvrir leurs organes, un jeune Hadj qui vient d'arriver du pélerinage à la Mecque, parle. Il a constaté énormément de saletés dans certains endroits, que la piété rituelle parcourt et que le civisme réprouve. Il regrette que ces sites ne puissent disposer encore de WC modernes et que ces places, éminamment sacrées, se transforment, du fait " des besoins " des gens ou leurs instincts devenus sauvages, en désolantes lattrines ! Il a aussi eu, comme les autres, à ramasser certaines de ces pierres, qui ont peut être servi à d'autres pour se torcher, dit-il, afin les jeter là où on lapide Satan. Curieuse antinomie des croyances et de l'hygiène ! La raison supplantera sans doute nos erreurs traditionnelles, monsieur Lhaj ! Soyez tranquille, merci de votre cri de coeur fait de respect et de critique constructive. Cela finira par s'arranger, car les dispensateurs de bons conseils ne manqueront pas, ici et là-bas, de signaler ces faits à Qui de droit ! Cela ira droit au cœur des gens qui sont jaloux de leur Islam et de leur modernité. Il faut bien qu'on progresse ! A Bon Entendeur, salut à la Grâce de Dieu !

DOCTEUR IDRISSI MOULAY AHMED KENITRA, LE 12 AVRIL 1999

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03:16 Écrit par VOTRE AMI, IDRISSI , VOUS SALUE ! | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

BOUCHES COSMIQUES

Flux et marées,
Etincelles d'étoiles sur les rives
Sur le sable, sous le vent,
Passerelles vers l'inconnu,
Se bercent et se versent
Les rivières de diamants.

A l'orée du visage,
Devant la porte écarlate,
Qui leur sert de buse et d'auvent,
Valsent les parfums…

Et se mélangent
Entre l'espace et le temps.
Dans le cratère de l'abîme
Et les vallées du ravin.

Barrées de perles canines
Fenêtres vers le vide,
Eclats dans le son,
Les vagues s'éloignent des rives,
Pour se noyer dans l'océan.

Dans la bouche, qui leur sert d'issue
D'exutoire et de prémisses,
De puits, pour fuir leur prison,
Elles coulent vers le néant
Plus fières que le sang.

Et devant l'Eden
Aux sept portes du ciel ouvertes
Palpite, tremble et tourbillonne
Le meilleur de nos éléments,
Pour partir, en sueurs,
Dans la transe en giclant.

Dans l'absurde et le vide,
Sanctuaires eternels,
Repos du guerrier,
Fragiles et futiles,
Ivres de rêves oubliés…

Les parcelles de vie,
Recyclées et absurdes,
Chantent en échos
Et ricanent en valsant.

Entre les plis qui trémoussent
Et qui dansent en s'effaçant,
Convergent les eaux
Pour se frayer un chemin,

Afin de jeter en obole,
En offrande ou en sacrifice aux dieux
Leurs bulles, effervescentes,
Evanescentes et chaudes,
Entre l'azimut et le néant.



DR IDRISSI MY AHMED
Kénitra, le 22 juillet 2013

PS: Essai de réflexion mystique et jeu poétique à la vue d'une bouche de siphon de salle de bain. De là j’ai parabolique été plus loin…

Écrit par : DR IDRISSI | 23/07/2013

A ALAIN ET HENRI DE VOIX-BRISES


LA PHASE DE PASSAGE :
LA BONTE ENTRE LES GENS

Merci de tant de poésie
Et de psychologie appliquée
Entre pairs et partenaires
Qui s'admirent et se retrouvent
Par delà les phrases et les phases et les tirs
Et les mots-dits, entre frères…

Après une franche question,
Une simple demande qui doute
Ou je vois l’exercice spontané
De la simple liberté,
Je vous offre ces pensées.

Des réponses fines de clarté, entre amis,
Des excuses élégantes de gentlemen, sincères,
Il y a eu un moment, une phase très belle.

Celle du pardon délicat des prélats
Des grands sages et des seigneurs
Et un moment vertueux
Sur ce parchemin…

Ce forum virtuel, nôtre,
Mais bien franc et vrai,
Qui demain sera effacé.
Il n’en tient qu’au moteur,
Forumactif et ses gestionnaires.

C'est le monde du rêve,
Chaleureux et futile
Qui se confronte à la raison
Du questionnement pur et dur
Mais si spontané, enfin !

Et quand je vois autour de moi,
A chaque instant de la vie réelle,
Comme dans un délire cosmique
Où je me perds,
Nos destins d'hommes farfelus
Et de malades frêles ou en jachère…

Des gens, curieux de leur santé
Combattants en milice,
Un faisceau de mains,
Une lanterne dans un labyrinthe,
Un flambeau dans un marathon,
Pour leurs destinées et leur avenir…

Quand je vois, ces razzias
Nos crocodiles et ces prédateurs,
Défiant les pays où ils prospèrent,
Défiant nos issues et calvaires…

Quand je vois nos célèbres émules,
Ces élégies, ces avatars,
Ces princes bannis, ô Sagesse,
Leurs critiques, affables par moment,
Ou hautaines, des hautes sphères…

Quand je vois, leurs voluptés oubliées,
Hélant les royales splendeurs,
En saints hommes, innocents,
Vaquer à leurs universelles affaires,

Puis, en artistes et amateurs,
Prophètes ou agitateurs,
Défiant la paix séculaire,
Cette grâce ingénue des innocents,
Faire la mouche du coche,
Pour les sortir de leurs lenteurs
Et oublieux sommeils millénaires,


Quand je vois la rue en détresse,
L’école sur la grève,
Ses hooligans et sa presse
Ses syndicats, ses partis déchus,
Leur paresse ou leurs prouesses.

Quand je vois
Ces frontières inhumaines
Où se déchirent et peinent incompris,
Nos ministres et régisseurs

Où sont donc nos droits
Où se terrent nos tribuns
Où sombrent nos libérateurs !

Quand je vois ces méchants
Et ces menteurs et ces profiteurs
Ces parasites et ces tueurs
Qui depuis la nuit des temps
Nous aliènent sans libertés aucunes
Ou presque
Pour être reconnaissant pour certains
Ou simplement
Pour la plupart, sincères !


Là, dans ce trou béant,
Cette bleue et belle Terre…
N’est-ce pas là, La Résurrection,
La Réincarnation, le Jugement ultime
Et les plus hautes peines ?

N’est-ce pas là, l’Enfer ?
C’est triste pour certains !
N’est-ce pas là, le Paradis ?
C’est moins triste pour d’aucuns !

Quand je vois que la cime des arbres
Qui dépassent la profondeur des abysses
Où nous sommes,
Mes amis et mes frères,
Et ces distances que nous parcourons
Blottis, épinglés, fixés,
Sur ce berceau qui tourne…

Là, sous nos pieds,
Sous les chaleurs cosmiques
De ce Soleil qui flambe
Et qui regarde brillant en s’éclatant,
Notre bien petite Sphère…

Quand je vois avec mépris ou envie,
Mes atomes volés, ignares et vides,
Je reste apeuré, étonné, avide
De ce qui passe là-haut.




Là haut quand il fait beau,
Là, suivez mon index de guide,
Par delà le cosmos et ses nuées d’étoiles
Avec leurs tornades d’énigmes.

Le temps, la création, l’inconnu,
L’ignorance, m’interpellent et me noient.
Je ne suis rien,
Je ne suis personne.
Je me rends au vide !

Ce qui fait que je pardonne,
Et que je me remets en question,
Avec mes doutes et mes troubles
A chaque instant, à chaque mot,
A chaque sens, à toute sensation,
Ayant le sentiment d’une particule,
Celui d’un caveau futur
Où le robot ne sent plus rien.

A l'intérieur de ce délire mystique,
Où je ne vois donc rien
De ce qui me façonne,
Ni ce qui me fait agir et tourner
Sur ce monde et ses mystères
Dans cet immense univers
Où je ne suis que matière…

A l'intérieur de ce délire mystique,
Où je ne vois rien de ce qui me façonne
Comme bien, à part entière,
Ce ça, ce rien ne m’apparient guère,
Ce masque, ces vêtements, cette chair
Comme ce moi, ces relents de l’égo,
Ce moi-même, ma personne,
Je pardonne à autrui…

A cet autrui factice
Et ses actes futiles,
Cet acteur gratuit qui s’ignore,
A ses extrêmes fâcheux,
Que j’endure

Comme les images d’un film
Comique, gai ou terrible
Avec ses revers tragiques
Ou ses instants de bonheur
Qui fusent à regret
Ou dans l’amertume…

Je passe par-delà le ton usité
Et l'erreur bonnement induite,
La question innocente et frêle
Ou la judicieuse curiosité.

Je préfère l’oubli au souvenir,
Le renforcement de cet Autrui,
Mon Frère, auquel je pardonne.
Autant qu’à ma personne
S’il y consent, sincère !

Je me préfère, ainsi !

Chassant le mépris et la haine
Chantant l’instant et buvant la vie
Comme autant de germes,
Dans les deux sens que nous sommes !

La vie, en phase avec le cosmos
Et à l’intérieur de moi-même !

Je ne garde comme chaleur
Que le doux du fruit qui passe,
Laissant cet arôme sur la langue,
Le miel sacré de l’indulgence,
L’arbre de la charité : L'amitié.

L'amitié, c’est elle
Ma religion et mes vœux.
C’est à elle, les liens sacrés,
Que je noue avec vous et tisse
Pour tolérer et aimer,
Par dessus les contraintes et les vices
Les vertus, qui ont fait et incarné
Hommes et femmes !

Elle seule, l’Amitié,
Elle seule, la Bonté
Elle seule, la Femme,
Lui seul, l’homme !
Barrez la mention inutile,
Si vous en doutez…

Elles seules,
Me valent tous les rites,
Les piétés diverses ou inutiles
Dans la simple splendeur
Des mets délicats et de la nudité !

J’ai osé déshabiller ainsi
La franchise, la liberté et la dignité
Si vitale et si naturelles pour la personne

Ces actes de compréhension et de sollicitude,
Ces richissimes actes, ces sublimes prouesses,
Ces extrêmes exploits de l’insecte humain,

Cette fleur aux parfums
De sainteté, est la Bonté,
Mes frères et mes sœurs
Humains

Écrit par : DR IDRISSI MY AHMED | 14/04/2014

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