18/07/2004

Epitaphe pour une stèle au Panthéon , pour AZIZI SADDIKI Saïd,

SON PETILLANT  FRANGIN  LE NON MOINS ACTEUR DE THEATRE
TAIB  SEDDIKI  N'A PAS CRU BON REPONDRE AU MESSAGE DE SYMPATHIE...
 
 
Epitaphe pour une stèle au Panthéon Saïd, prête-moi ta plume, pour t’écrire un mot

 
 
Vous avez un panel de belles plumes et la seule que je ne rate pas depuis la création, « fut » celle de Azizi…Ecrivais-je, à sa famille ! Par journaux intrposés....
 
 
Qu’il est moche, le passé simple ! Simple pour être compliqué. Car ici, le passé rend mortel et le « fut » devient détestable, du fait qu’il apporte la nuit sépulcrale, la mort finale et l’anéantissement du temps ! Même si le temps s’arrête pour ceux qui n’existent plus, et que de ce fait, « ils » s‘en foutent ! Sauf que les «ils», n’existent plus encore ! Exister, c’est pratiquer l’amour, à tous les modes, avec toutes les belles choses, tous les genres et surtout les bonnes gens ! Exister, c’est conjuguer le beau avec le bien ! Et non pas le seul verbe avoir…sauf s’il s’agit de culture et de semences de celle-ci ! Exister, c’est aussi conjurer et le mal et la laideur et leur possession ! Sinon vous en devenez l’objet et l’objet n’est point libre… Les méthodes pour ce faire et leurs limites sont lâches. La terre est une scène cyclique de ce théâtre turbulent d’ombres tourbillonnaires ! Exister, c’est respirer, parler, graver, peindre, sculpter et surtout écrire ! Ecrire sur l’argile hiéroglyphe le refus au Globe de son projet sanglant ! Ecrire pour pleurer et s’amuser en riant de nos rôles dérisoires et tragiques. Ecrire pour intimider pour conjurer le sort ! Insatisfaits conscients ou pleutres, nous nous moquons du destin terrestre, des contours bedonnants de cette Terre tortionnaire; nous levons les yeux vers le Ciel, aux limites scintillantes et lactées, avant de dormir en terre pour confier au sommeil ce que nous aurions d’éternel ! C’est écrit ! Ecrire c’est tracer sur n’importe quel support constant, pour ne pas oublier, car la mémoire est l’homme, surtout chez autrui. Ecrire pour positiver aussi afin d’honorer un mort. Saïd, le Bienheureux, qui doit penser en ces moments de liesse à autre chose, de moins existentiel ! De moins substantiel ! Le problème de la mort est celui qu’elle pose aux vivants ! Que vaut la culture, l’intelligence, la vie, si elles doivent connaître un jour, la fin ? Le rideau tombe comme un linceul ! Votre culture devient factice, vous êtes plus virtuel qu’une ombre ! Pschitt dans le baba ! La fin, la triste et néfaste fin, vaut elle tous les sacrifices ? Ceux de soi pour soi et ceux que vous opérez sur autrui pour votre suprême ego ! Que valent toutes les ardeurs que se donne l’homme pour exister ? Ne sont-ce que des combats de coqs, un divertissement macabre, une puérile débilité, des tremblements de maboules ? La fin ne justifie pas tous les moyens que se donne l’homme pour arriver à ses fins…et exister ! Exister dans la dignité ! Or, c’est quoi l’orgueil, c’est quoi la dignité, quand exister est une faculté passagère ! Une fatuité, quelles que soient la densité ou l’arrogance de l’épais personnage que se complait à jouer l’individu ! Une contrainte, une lutte éperdue d’acteurs parachutés sur une terre où la fatalité est constitutionalisée! Exister, c’est contre nature ! Car la nature est dotée d’une finalité mortifère : celle de tuer ! Occire pour recommencer, abattre pour recomposer, au hasard de ses normes, démolir en effaçant outre les brouillons, leurs copies. Un principe aléatoire, intangible et inéluctable ! Un Principe, qui sans vous en donner la pleine conscience, vous crée et vous anime, sans vous demander votre (très humble et fort inutile) avis ! Un principe, bien terre à terre, qui vous confond dans le matériau de base et vous pétrit dans l’argile ! Sans pitié, sans faiblesse ni retenue. Sans autre respect pour cette flamme céleste que les cultes vous affectent et dont la culture vous dote ! Pire, qui vous broie et vous malaxe sans besoin de vous demander votre avis ! La grande roue qui vous recycle et vous accable. Sans vous rappeler, sur Terre du moins, et sans se référer au détenteur des molécules qui vous composent. Une dynamique qui n’est pas prête à vous confier d’autres prestations pour les mêmes habits. Argile-terre-chair ! Vêtements pour un rôle, des loques usées par leurs milliards de cycles et de passages antérieurs, avant de faire de vous, des clones nourris de vos propres substances, des cannibales, ferrés de canines, férus de chair ! Gadget, copie unique Comprenez que votre représentation sur le théâtre ne connaît qu’une version, qu’une seule vision, pour tout acteur. Pas d’exception, quels que soient les couronnes le lauriers ou les toges ! Tout le monde est roi, chacun est régent du cosmos cellulaire qui le compose ! Que du beau monde dont tous les spécimens sont friables ! Jésus, l’élu de la bonne cause, peut-être ! Un homme d’exception ! Encore que certains disent qu’il est Dieu ! En tout cas il avait le Verbe ! Saïd, lui avait la verve ! Crois en l’Un, croix sur l’autre ! On ne va pas se comparer aux dieux, ou à leurs filleuls, pour devenir immortels ! Vous ne reviendrez pas donc ce soir…mon âme, pour arborer votre oscar ! Pas d’exception, c’est la règle ! C’est la loi de la démocratie ! La seule, l’équité thanatologique ! Pour nous autres, castes nanties sectaires ou plèbe d’une race putrescible, aucune permission n’est accordée ! Aucune dérogation pour se refaire dans ce jeu poker où tout le monde perd ! La perdition ! Dès lors, octroyons-nous un privilège ! Une gâterie, pour les proches du Seigneur…des agneaux…que nous sommes ! L’exception qui infirme la règle, ô miracle ? Renverser le pouvoir totalitaire de la génétique, dissoudre les chaînes l’ADN ? Se mutiner contre les cycles obstinés de la biologie ? Elle roule éperdument et nous roule dans sa propre farine, la Terre. Et pourtant sur le plateau, on tourne ! E puer se mueve ! La folle, la catin matricielle, tourne, pour afficher ses rondeurs ! Malgré le voile troué et blafard qui gâche sa fausse pudeur ! Et ces nuées honteuses qui recouvrent ses aspérités licencieuses et charnelles. Ces montagnes de fard qui balafrent sa face ridée de vieille planète mal lunée ! La molasse, l’hydre aqueuse, la mère putain, la tueuse vulcanique de ses propres fils, éructe ses reliefs et ses vallées creuses ! Comme autant de vagins et de verges, de ventres, de fesses et de fosses communes, en délire ! Pourquoi s’en cacher et taire son impudence de satyre ? Elle préfère porter les plus faibles qu’elle donne volontiers en pitance aux plus forts. La Terre-mère, berceau-autel, caniveau infanticide ! Ah, si elle avait voulu, elle aurait fait de nous des Hommes de marbre ! Et le ciel, de nous faire anges, plutôt que de nous risquer à mal tourner, sur terre ! Alors érigeons des temples pour défier ses fourberies, pour déjouer ses instincts charnels ! Ces chairs déliquescentes, ces tourbes et ces terreaux qui sont autant de labos de meurtres collectifs prémédités que de cimetières ! Alors une tour de Babel pour remplacer les Twins ? Nous élèverons aux plus méritoires un Panthéon, bien à nous, une reconnaissance publique ! Un mausolée pour les meilleurs de nos pairs ! Le marbre est impérissable, même s’il faut des sculpteurs de taille pour lui donner la vie et lui insuffler une âme. Alors, argile, même si tu re-couvres, Saïd, nous lui ferons une statue, à notre manière, pour le garder immortel. Un chef-d’œuvre, digne de la stature léonine des Saddiki. Alléluia, voici un texte viatique, un talisman pour l’au-delà ! Chantons-lui un cantique, un de profundis d’enfer, une ode pour l’aède, un poème contre les vers ! Je vous propose de nous trouver un gai luron pour faire vibrer la revue des potaches et faire trembler les comédiens sur scène ! Aussi cultivé que le maître qui est, passé, simplement ! Aussi courageux, pour rester digne et impudent, capable de dire merde en face, en s’amusant ! Aussi élégant dans la langue des contes, des plaidoyers et des soupirs, que celle des académiciens d’outremer ! Les défroqués de chez nous, les défriqués qui claquent leur temps, ont-ils donc une chance pour devenir impérissables, par l’écriture et le chant ? Et, cultivés, ils passent, en passant, de l’ignorance à la célébrité ! La mort rendrait-elle célèbres ceux dont elle dispose ? Le trépas vous hisse en vous précipitant ! C’est ce qu’on appelle mourir de belle mort ?! Mort sans avenir, éteint sans prévenir, puis parti, sans aviser, tu as des manières, ya Azizi ! Te voilà grimpant les marches du Ciel ! Faute de retraite dorée, faute de pension confortable pour ta grande famille, tu accèdes aux hauteurs de l’Olympe ! Tu nous transmets, un message, attention à la foudre ! Oui, parle fantôme ! Parle comme un expert à un procureur, pour nous défendre d’un juge inique ! Tu nous lances un projet ! Une idée qui vient du ciel pour l’avenir des morts ? Parle, Azizi ! A-t-on de quoi servir les morpions des cabanes zinciques ? De quoi soigner le mal des zombis myasthéniques ? Assez de quoi nourrir ceux qui nous protègent de ceux qui crament, dans les sables et les villes ? A-t-on suffisamment pour replanter d’espoir ces cités interdites en marge de l’histoire ? Avons-nous assez de cœur pour satisfaire l’avenir des morts ? Morts, cultivez vos cendres de votre vivant ! Ou, poussez les vivants à vous aimer ! Séduisez-les pour respecter votre souvenir ! Faute de vous célébrer suffisamment sur terre, nous vous honorerons…« Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne… » ! Merci Victor ! Par ta plume acérée, ton ciseau, tu frises les piliers du temple. Tu appelles les suivants, les survivants, les Supers-Latifs, à poser la première pierre du Panthéon ! Un Temple de toutes les religions et des cultes apaisés. Un Temple dédié à toutes les cultures, modernes et ancestrales. Rêvons d’un giga ministère des Loisirs et de la Culture, qui fasse entrer vos œuvres dans l’économie, la production et l’export ! Rêvons-en mes frères et disons-le aux Princes ! Et si nous ne cultivons pas les artistes, que serait la dite civilisation marocaine, qui chanterait ses préceptes de tolérance, qui vanterait ses principes de dialogue, qui assurerait son avenir dans le monde ? Oui, appelons Si Saïd, pour se réincarner, dans la pierre ! Que Seddiki hante ceux qu’il habite et les centaines d’artistes modernes qui l’ont précédé, sur cette terre, peu ingrate et ces lieux qu’il habite depuis et pour toujours : l’esprit des lecteurs ! Passez du bon temps les amis ! Vivez votre entracte, vivez vos instants de sursis Mais, ne tuez pas la mémoire, laissez-nous vivants nos chefs-d’œuvres sur nos avenues, nos écoles et nos pages ! Sinon, passez, il n’y a rien à voir. La foire ferme et le zoo emporte ses braves bêtes. Passez, il restera peut être, quelque trace de vous, un ticket pour le Ciel ! En attendant; si vous ne comprenez pas nos faiblesses, dormez ! Si vous pensez qu’il est inutile de publier cette larme… Prière de faire une copie pour Si Tayeb et à toute sa troupe qui n’a pas failli envers notre génération. Ou lisez, par commisération pour Si Saïd et nous tous, un Verset ? C’est la moindre des compassions, en attendant de vous lecteurs, de plus faire !
 
Dr Idrissi M. Ahmed, Kénitra                                                   Le 30 juillet 2003
 
 
 
Dr Idrissi My Ahmed
 
112, Diouri , tel fax 037376330 Kénitra ,
 
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04:22 Écrit par VOTRE AMI, IDRISSI , VOUS SALUE ! | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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